c'est la première question à chaque fois. « et vous vous rémunérez comment ? »

0 € à l'entrée. pas d'equity. pas de frais avant, pas de frais après. rien sur les levées futures. une clause à 2 % conditionnelle, et c'est tout.

les gens cherchent le piège. il n'y en a pas, mais il y a un raisonnement.

le constat

j'ai accompagné une centaine de startups en cinq ans avec panja. le schéma se répète.

le founder sait construire. il est excellent pour ça, souvent meilleur que moi. son problème n'est pas le produit. c'est que personne ne l'achète.

et au lieu de traiter ce problème-là, il ajoute des fonctionnalités. parce que c'est ce qu'il sait faire, et parce que c'est confortable.

pendant ce temps, les structures qui pourraient l'aider demandent 20 000 € ou 6 % du capital. au moment précis où il a le moins de trésorerie et le plus besoin de son cap table.


## pourquoi ça peut être gratuit

parce que le coût marginal de la connaissance est nul.

les 25 ateliers existent déjà. les 50 playbooks sont écrits. les office hours, je les ferais de toute façon, c'est mon métier depuis 2017 et j'y apprends autant que les founders.

la seule ressource vraiment rare c'est mon temps et celui de théo. et la sélection est là pour ça : trois champs, 800 caractères, un appel de vingt minutes.

pas de batch, pas de promo, pas de demo day. l'entrée se fait au fil de l'eau, dans ce qu'on appelle la piscine. on regarde la traction. on reste tant que la croissance le justifie.

## ce que ça change vraiment

quand c'est gratuit, la relation change de nature.

personne n'est là pour rentabiliser un chèque. personne ne reste par sunk cost. si un founder arrête de venir, c'est un signal honnête, pas une perte financière à justifier.

et de mon côté je n'ai aucune raison de retenir quelqu'un qui devrait faire autre chose.

## la vraie raison

je viens d'une famille où personne n'était entrepreneur. en france, ça compte. la première fois que j'ai voulu me lancer, je ne savais même pas quoi chercher sur google.

on a en france les passionnés, les rebelles, les talents, les sous. ce qui manque, c'est qu'ils se rencontrent.

je n'ai pas besoin que ça rapporte. j'ai deux boîtes vendues et des produits qui tournent. ce que je veux, c'est que dans dix ans il y ait quelques centaines de personnes de plus qui aient pu essayer.

tout le monde a le droit d'être libre. c'est à peu près la seule chose sur laquelle je ne transige pas.